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Mac Pro : la gamme mythique d’Apple disparaît sans successeur

Apple a stoppé le Mac Pro et ne prévoit aucun remplaçant direct. La décision met un terme à une gamme qui incarnait le sommet de la machine professionnelle chez la marque, mais qui avait fini par perdre ce qui faisait sa force. Derrière cette disparition, on retrouve une suite de choix techniques qui ont progressivement vidé le Mac Pro de son intérêt.

Le Mac Pro 2013 avait impressionné dès son lancement

Le Mac Pro 2013 avait créé un vrai choc avec son format cylindrique au style futuriste. Apple rompait totalement avec la tour classique en misant sur une architecture interne originale, organisée autour de trois grands PCB réunissant processeur et GPU.

À son annonce, la machine avait été saluée pour son ambition. Elle embarquait alors les GPU professionnels les plus puissants du marché, en double exemplaire, et certains observateurs soulignaient même que le prix des composants vendus séparément dépassait le tarif final demandé par Apple.

La situation s’est dégradée avec le temps. Aucun successeur n’est arrivé pendant cinq ans, et l’absence d’évolutivité a fini par retourner l’opinion contre ce modèle. Les utilisateurs qui ne pouvaient ni faire évoluer la machine facilement ni remplacer ses éléments clés ont commencé à dénoncer un produit fermé, malgré son positionnement ultra-premium.

Le modèle 2019 avait promis le retour d’une vraie machine évolutive

En 2019, Apple a changé de direction avec un Mac Pro en format tour, au design rapidement comparé à une râpe. Cette fois, la marque revenait à une approche beaucoup plus proche du PC traditionnel, avec une base x86 et un discours très clair sur les possibilités d’upgrade.

Apple mettait notamment en avant le module Radeon Pro Vega II Duo MPX, présenté comme une solution capable d’apporter deux GPU AMD Radeon Pro Vega II. Chaque puce affichait jusqu’à 14,1 téraflops de puissance de calcul, 32 Go de mémoire et une bande passante mémoire de 1 To/s.

Pour les usages encore plus lourds, la marque proposait aussi le Radeon Pro W6900X MPX Module avec 32 Go de mémoire GDDR6 et une bande passante pouvant atteindre 512 Go/s. Apple précisait qu’il était possible d’en installer jusqu’à deux dans la machine.

Le message était limpide : ce Mac Pro redevenait enfin une station de travail capable d’évoluer selon les besoins des professionnels.

Le Mac Pro 2023 a gardé le boîtier, mais pas la logique du produit

Le problème est arrivé avec la version 2023, lorsque le Xeon W du modèle précédent a laissé place à la puce M2 Ultra. Vu de l’extérieur, le Mac Pro conservait pourtant le même châssis et la même allure de station de travail modulaire.

En pratique, la promesse s’est effondrée très vite. Les utilisateurs ont découvert que les slots PCIe restaient bien présents, mais que les cartes graphiques proposées auparavant par Apple pour faire évoluer le Mac Pro n’étaient plus prises en charge.

La déception ne s’est pas arrêtée là. Contrairement au modèle de 2019, la mémoire vive ne pouvait plus être mise à niveau. Puis un autre verrou est apparu : malgré la présence d’un emplacement SSD, le stockage n’était pas évolutif non plus.

Le Mac Pro 2023 donnait donc l’image d’une tour professionnelle ouverte, alors que ses possibilités réelles étaient extrêmement limitées. Apple avait conservé l’apparence d’une machine modulaire, sans conserver ce qui la rendait crédible face aux stations de travail du marché.

Apple ferme définitivement une gamme qui ne savait plus à qui parler

Apple a désormais mis fin à la production du Mac Pro et ne prépare aucun successeur direct. Cette décision enterre une famille de produits qui visait autrefois les professionnels à la recherche des CPU et GPU les plus puissants de leur époque.

Le Mac Studio apparaît aujourd’hui comme la solution Apple la plus proche, mais il ne remplace pas vraiment le rôle qu’occupait le Mac Pro. La machine ne vise pas exactement le même segment, ni le même niveau de modularité, ni le même imaginaire produit.

Avec cette disparition, Apple tourne la page d’un nom longtemps associé à ses ambitions les plus élevées sur le terrain des stations de travail. Et cette fois, la page se tourne sans relève.

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