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Taxe anti-colis chinois : la parade déjà bien rodée de Shein et Temu

La France voulait frapper fort avec une taxe de 2 euros sur les colis à bas prix en provenance de Chine, entrée en vigueur le 1er mars 2026. L’objectif était de protéger le commerce local face à l’afflux massif de produits à très bas coût. Mais en quelques jours, des plateformes comme Shein et Temu ont ajusté leur logistique pour contourner la mesure. Résultat : le flux de marchandises ne ralentit pas, il change simplement de trajectoire.

Des livraisons redirigées hors de France

Depuis l’instauration de cette taxe, les colis ne sont plus majoritairement envoyés directement vers la France. Les plateformes privilégient désormais des points d’entrée alternatifs en Europe.

Les marchandises arrivent principalement en Belgique et aux Pays-Bas, où elles sont ensuite redistribuées vers la France par voie routière. Ce mode de transport complique les contrôles, contrairement aux arrivées par avion qui étaient jusqu’ici plus faciles à surveiller.

Ce changement logistique permet aux acteurs du e-commerce chinois de limiter l’impact de la taxe française tout en maintenant des coûts compétitifs.

Une chute brutale du fret aérien à Paris

Les données confirment l’ampleur du phénomène. Le groupe aéroportuaire Groupe ADP indique qu’environ 50 vols cargo hebdomadaires ont cessé d’atterrir à Paris-Charles de Gaulle depuis début mars.

La baisse est encore plus marquée sur les petits colis. Selon l’Union des entreprises de transport et de logistique de France, leur volume a chuté de 92 % à l’aéroport de Roissy-CDG depuis le 3 mars, comparé aux mois précédents.

La France n’est pas un cas isolé. En Italie, où une taxe similaire est en place depuis le 1er janvier 2026, une trentaine de vols cargo ont disparu à Milan. Les importations de colis de faible valeur par avion y ont reculé de 36 %.

Ces évolutions montrent que des mesures nationales restent faciles à contourner pour les grandes plateformes, qui adaptent rapidement leurs chaînes logistiques.

Bruxelles prépare une réponse à l’échelle européenne

Face à ces stratégies de contournement, Bruxelles travaille sur une solution coordonnée pour l’ensemble de l’Union européenne.

Une piste sérieuse prévoit l’instauration d’une taxe de 3 euros par colis dès juillet 2026. L’objectif est d’empêcher les plateformes de rediriger les flux vers d’autres pays pour éviter les frais.

L’enjeu est majeur : près de 4,6 milliards de colis en provenance de Chine arrivent chaque année en Europe. Une harmonisation des règles pourrait limiter les écarts et réduire les avantages compétitifs actuels.

Cette bataille logistique et réglementaire est loin d’être terminée, et ses effets pourraient rapidement se répercuter sur les prix et les habitudes d’achat des consommateurs européens.

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